---Je reste froide. Je me débats pourtant, mais ces vagues glacées de sentiments m'étouffent, je suffoque de frustration. Je me sens prise, j'agonise, l'eau salée et amer emplie ma bouche, ma tête, mon coeur. Je vais me noyer, me noyer dans ton regard, mer, ciel, et oeil confondus, je me perds vers cet horizon qui n'existe même pas.
---C'est idiot comme tout se ressemble, le monde est si beau, les gens sont si laids, j'attends toujours, j'ai depuis longtemps perdu pied à mon amour, je ne sens plus le sol sableux de ton désir.
Comme c'est étrange, je sens mes forces me quitter comme l'espérance, je suis trempée d'incompréhension, je nage tant bien que mal pour rejoindre la terre ferme des préludes, mais je l'ai depuis longtemps dépassée, et maintenant se termine ma chute vers le point final.
Dernier contact de l'eau ingrate sur ma peau, je deviens aveugle de tout renoncement, c'est flou, c'est noir. Et puis plus rien.
---Je me sens devenir légère, mon coeur a perdu de sa lourdeur. Je vole, je vole au-dessus de l'eau, du ciel, je vole au-dessus de toi, comme si tu n'étais que cette eau, ce ciel, comme si tu étais tout, comme si tu n'étais rien.